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 « Etre enfant/adolescent en Valais »

 

Introduction

Il existe un très grand nombre de recherches portant sur les enfants, les adolescents, la famille en générale, la maltraitance envers les enfants etc., mais très peu de recherches qui se basent sur les expériences, les paroles et le vécu des enfants et des adolescents mêmes. Le chercheur danois Erik Sigsgaard est une brillante exception. Chacune de ses nombreuses recherches sont exceptionnelles, mais deux d’entre elles sont tout à fait précieuses, la première datant de 1993 est intitulée « Qu’est-ce qu’est une vie acceptable pour un enfant de six ans »[1] et la deuxième « Etre réprimandé »[2].

Une troisième recherche sur les fameuses limites dans l’éducation[3] doit être soulevée, la seule étude scientifique – à notre connaissance – sur ce concept et – surtout – sur ce que ce concept signifie au niveau pratique dans le cadre de l’éducation familiale et en institution.

En me préparant à écrire mon intervention pour le Forum, j’ai suivi le débat publique, dans la presse surtout, au sujet de l’éducation. Quelques mots clés qui reviennent avec une bonne régularité sont les limites, l’enfant roi ou le petit prince, l’enfant tyran, l’enfant en manque de repères, l’enfant violent, l’enfant paresseux, l’enfant minimaliste et enfin l’enfant qui brise le couple.

Le temps va être trop court pour présenter convenablement mon sujet. Les intéressés peuvent me demander une copie de mon intervention. Il est important pour moi de dire deux mots par rapport à ce débat public sur les limites, sur l’enfant roi ou tyran et sur un fléau qui s’appelle trouble d’hyperactivité avec déficit d’attention, le fameux THADA « soigné » par la ritaline.

Les limites

Un enfant qui souffre d’un trouble du comportement est souvent diagnostiqué comme un enfant qui a besoin de limites. Un patient qui a mal aux poumons n’est pas diagnostiqué comme un patient qui cherche à obtenir la pénicilline. Le médecin serait accusé de ne pas connaître la différence entre diagnostic et traitement. Est-ce que nous ne coupons pas court à une discussion professionnelle du traitement nécessaire quand nous comprenons la souffrance des enfants comme un manque de limites ? Un enfant qui souffre d’un manque de limite ne peut donc être traité qu’en lui amenant la substance qui lui manque, les limites. Ainsi, le diagnostic d’un manque de limite n’est pas le bon diagnostic. Les termes « limites », « recherche des limites » n’est qu’une description des symptômes.

La terminologie de limites est caractérisée à des postulats historico-psychologiques d’un besoin de limites chez les enfants, un besoin qui non rempli apporte de grandes difficultés.

 

Est-ce que les enfants ont vraiment besoin de limites ? C’est une question que la plupart ne se pose pas ou que rarement.

Si on regarde la pratique de « poser des limites », on constate que les limites remplacent la plupart des arguments. Exemple : Le parent dit à son enfant « Tu n’as pas droit à faire cela ! ». L’enfant demande « Pourquoi pas ? » et le parent répond « Parce que ! » ou « Parce que c’est ma limite ! ». Rarement, on concède à l’enfant le même droit. Les limites de l’enfant sont que rarement respectées. Rarement les éducateurs permettent à l’enfant de dire non sans explication.

A côté de cette tendance contraire à la rationalité, les limites semblent être contraires à une démocratisation de la relation adulte-enfant.

 

Quelques préjugés :

Les limites permettent à l’enfant de se sentir en sécurité

Les limites sont nécessaires afin d’éviter des comportements inadéquats

Les limites permettent à l’enfant de construire son identité

Les limites permettent la connaissance de soi et de ses propres limites

Les limites empêchent un chaos interne

Le développement de l’enfant nécessite la pose des limites

Les limites empêchent aux enfants de prendre le pouvoir

Les enfants aiment qu’on leur pose des limites

La vie d’adulte nécessite que les enfants aient vécu des limites pendant leur enfance

Qu’est-ce qu’est une limite/les limites dans l’éducation ?

Quelques propositions :

Un mur

Un non

Intégrité

Règles

Éducation

Essayer quelque chose de nouveau

Des normes

Un cadre

Exigences

Le contraire des exigences

Plan du chemin

Un anneau autour de soi

Détermination

Libération de la responsabilité

L’amour

Rituel

Jusqu’ici et pas plus loin

Territoire

Punition physique

Soutien

Les limites en tant qu’acte : « Non, tu ne peux pas … »

Idéologies

Dans une recherche concernant 1014 expressions de la terminologie « limites » collectionnées entre 1993-95, les chercheurs ont constaté une idéologie commune de la plupart des expressions :

  • Les enfants doivent être éduqués – autrement ils ne vont pas bien et c’est difficile de vivre avec eux
  • Les parents doivent éduquer leurs enfants. S’ils ne le font pas, ils délaissent leur devoir et créent des problèmes pour les institutions.
  • Entre enfants et parents existe un état immanent de contradiction. Les enfants ne veulent pas toujours et ne savent pas toujours ce qui est bien pour eux. On doit les contraindre.
  • Les parents doivent décider au sujet de leurs enfants
  • Les enfants ont besoin qu’on décide pour eux. Ils cherchent eux-mêmes les limites.
  • Les parents doivent garder une certaine distance envers leurs enfants
  • Il faut de la sécurité dans la famille et cette sécurité vient principalement des limites et du cadre strict
  • Les professionnels savent bien poser des limites. Ils doivent apprendre cela aux parents.

La régulation des besoins des enfants

Le conflit entre les besoins des enfants et l’efficacité d’une institution ou le bon fonctionnement d’un foyer s’est trouvé masqué par le postulat du besoin des enfants de limites et de cadres strictes. Premièrement, ce postulat fait en sorte que les offenses des institutions contre les enfants sont déclarées comme naturelles et nécessaires. Souvent le concept de limites est utilisé comme une forme plus douce et peut-être dès lors plus humaine et plus moderne de la régulation du temps, de l’espace et du comportement des enfants.

Derrière les idées de limites nous ne trouvons que des formules abstraites et peu claires. Personne ne sait vraiment ce que le terme veut dire. Derrière ce terme nous trouvons des habitudes ancrées selon des patterns de pensées anciens. Ce terme déclare les protestations, l’opposition des enfants et leur refus comme une confirmation de leur besoin de limites. Ces idées empêchent les parents et les éducateurs de regarder leur propre fonctionnement et réflexion dans la lumière des intérêts des enfants et de leur point de vue. Il est inquiétant de se rendre compte que ces idées dominent, aujourd’hui, la pratique quotidienne : le postulat de limites est devenu une partie active de l’habitus institutionnel, avec des conséquences catastrophiques pour les enfants qui ne peuvent plus du tout défendre leurs droits et leur intégrité personnel. Les limites augmentent la position dominante des institutions et leur propagation.

THADA et la ritaline

Depuis des années, le médicament Ritaline est prescrit à des enfants hyperactifs. Plus que 10 millions d’enfants prennent régulièrement le Ritaline, méthylephénidate, qui a été développé pour traiter les dépression et les troubles d’alimentation (pour couper l’appétit).

En 1999, l’industrie pharmacologique vendait six fois la quantité de Ritaline qu’en 1995, une augmentation qui leur apporte 12,8 moi Euro. Aujourd’hui, ce médicament est à la sixième place des médicaments le plus vendus !

Dans ses effets, ce médicament ressemble à des amphétamines illégales. Des neurobiologiciens craignent que ce médicament perturbe le développement optimal du cerveau et pourrait conduire à des troubles comme le parkinson plus tard.

Le cerveau est un organe flexible et il se développe différemment selon la manière dans laquelle il est utilisé ! Aucun être humain vient au monde avec l’estime de soi, la curiosité ou la compétence de résoudre des problèmes, c’est l’individu, et surtout dans le cortex frontal, qui désigne les connexions neuronales pour représenter l’état de son estime de soi. Le chercheur Gérald Hüther (neurobiologicien et médecin)[4] démontre que ce cortex frontal n’est pas très bien développé chez les enfants hyperactifs et il explique pourquoi : « Si les enfants ont pu fonctionner avec des stratégies comme crier et s’agiter, ils n’ont pas eu besoin de développer d’autres stratégies pour maîtriser des situations inconnues. Ainsi, ils ne peuvent pas développer un sens de leur propre action et ils ont, par la suite, des difficultés de s’adapter à des situations diverses. Ceci se traduit dans les patterns de leurs neurones : certaines connexions sont renforcées par des actions répétitives et d’autres pattenr de connexions plus complexes ne peuvent pas s’établir faute d’entraînement. On sait aujourd’hui que le cortex frontal est moins irrigué chez les enfants hyperactifs et consomme moins d’oxygène et moins de glucose. Ainsi, nous pouvons dire que les neurones dans le cortex frontal d’un enfant hyperactif sont moins actifs. On s’attendait au contraire, mais l’explication est simple : « sous l’influence de leur hyperactivité, le cortex moyen est trop sollicité et produit sans cesse la dopamine qui est un produit qui transporte les informations. Ainsi, le cortex est mis dans un état d’alerte constant. Le cortex ne supporte pas à la longue ce bombardement d’impulsions permanentes. Les structures neuronales ne peuvent plus se stabiliser car elles reçoivent sans cesse la commande et changer. »

Le Dr Hüther trouve que le Ritaline est dangereux par les effets secondaires encore à attendre quand les enfants ont env. 40 ans, mais surtout parce qu’il faudrait changer les attitudes et stratégies de ces enfants par des mesures psychothérapeutiques. En leur donnant le Ritaline, on n’investit pas dans ce domaine. De plus, un cortex en devenir ne peut pas être traité comme celui d’un adulte. Personne ne sait quelles conséquences le Ritaline aura. On sait que les dendrites de cellules s’appauvrissent avec l’âge. Si ces dendrites deviennent trop peu développées, dans le cortex d’adulte, le parkinson se développe. Les enfants ne devraient pas faire l’expérience de pouvoir fonctionner que grâce à une pilule. Ils doivent vivre qu’ils sont capables de gérer leurs problèmes et difficultés par eux.-mêmes. Pour ce faire, les enfants ont besoins d’une aide psychologique, l’énervement des parents et enseignants apporte strictement rien.

Les méthodes et techniques scientifiques en psychologie

Les méthodes et techniques dans l’approche de la psychologie du changement[5] sont celles de la recherche empirique, la déduction[6], l’induction[7] et l’observation[8]. Nous pouvons ajouter, la lecture préalable de la littérature spécifique et le dialogue critique avec les consoeurs et confrères.

La méthode clinique en psychologie se fait par exemple par l’étude prolongée de cas individuels. Le chercheur peut procéder par l’observation des situations naturelles ou concrètes ou par des situations d’expérimentation ou de test. L’entretien est une technique clinique par excellence. L’observation peut être et doit être incluE dans l’entretien, mais peut le dépasser. Il peut observer les sujets (comme nous-mêmes) dans des situations de vie courantes ou dans des situations spécifiques. Il peut se mettre en équipe et ressembler les observations par les témoignages multidisciplinaires, dans une perspective dynamique et historique. Il peut rendre l’observation plus formelle en se donnant certaines principes et un cadre scientifique. Il peut se donner des tâches : observer des comportements dans une situation donnée.

Dans l’anthropologie, nous parlons d’une observation participative. Cette méthode de la recherche anthropologique consiste à vivre parmi un groupe de personnes, de faire ce qu’ils font dans la mesure du possible et avec l’accord des concernés et de noter, aussi fidèle à la réalité que possible, ce qui se passe, c’est-à-dire, cette méthode consiste à l’observation et la participation. Le résultat de cette observation scientifique est ce que les scientifiques appellent une ethnographie. Une tâche essentielle de l’ethnographe consiste à apprendre la langue de la population dans laquelle il veut faire la recherche. Apprendre la langue veut dire, dans une certaine mesure, d’apprendre la manière de penser de cette population.

Je vous propose donc de faire une sorte d’ethnographie personnelle de la vie des enfants et des adolescents en Valais comme ils me l’ont présentés pendant les dernières années. Je me repose en outre sur les appels téléphoniques et lettres que les enfants et adolescents qui m’ont écrit dans le cadre de mon travail dans le cadre des AJPC depuis bientôt 30 ans.[9]

Qu’est-ce qu’une vie acceptable pour un enfant de six ans ?

1. Les recherches actuelles

Notre intervention ne peut même pas présenter un aperçu de la recherche actuelle, faute de temps. La plupart des chercheurs concluent que tout dépend de ce qui se passe dans la vie des enfants depuis leur naissance et l’entrée à l’école par exemple. Dans un projet 13 000 enfants étaient suivis depuis leur naissance. A l’âge de 5 et 10 ans, les chercheurs passaient des tests cognitifs, verbaux et mathématiques pour définir leur développement selon des critères spécifiques (Osborn et Milbank, 1987)[10]. Dans un autre projet, des enfants de mères très ambitieuses étaient suivis et comparés. Un groupe était suivi de façon très scolaire et un autre groupe de façon plus centré sur la vie communautaire et créative (Hirsch-Pasek et Cone, 1989)[11]. Dans un autre projet, les chercheurs comparaient des enfants japonais et américains en étudiant leur biographie[12]. Dans tous les projets, les chercheurs ont trouvé que les enfants qui suivaient des structures moins scolaires se débrouillaient mieux. Ils avaient moins peur, aimaient plus l’école et étaient plus créatifs. Gary W. Ladd conclut que ce qui est important pour les enfants et leur adaptation à l’école n’est pas vraiment les structures scolaires, ni l’âge de la scolarisation, mais d’avoir des amis et d’être accepté par les autres enfants[13]. Mais aucun des projets ont demandé aux enfants ce qu’ils pensent de leur mode de vie.

2. Les facteurs fondamentaux

La discussion en Suisse au sujet d’un avancement de l’âge de la scolarisation commence avec environ 10 ans de retard[14] sur les autres pays en Europe. Le but en est de réconcilier vie professionnelle et vie privée des parents, profiter des capacités d’apprentissage des petits enfants et l’intégration des classes défavorisées et des étrangers. Pour Sigsgaard, la base décisionnelle n’est pas donnée si l’on ne sait pas, de la part des enfants eux-mêmes, de ce qu’ils considèrent une vie acceptable pour ne pas dire agréable.

Les enfants et les adolescents sont marqués par la culture dans laquelle ils grandissent et la manière de vivre de leurs parents. Nous pouvons définir quelques facteurs fondamentaux[15] qui déterminent une vie acceptable :

Biologie           nourriture et hébergement, sociabilité et autorégulation

Culture valeurs, développement, croissance et différenciation

Mode d’existence        être salarié ou indépendant, se centrer sur la carrière professionnelle, avoir des valeurs spécifiques

Position            traité – être traité, être embauché – être élu

Idéologie          changer – conserver, socialisme – libéralisme

Génération       Enfants orientés par la situation

Adolescents orientés vers l’avenir

Adultes/aînés orientés vers le passé

3. Comment qualifier une vie (en famille ou à l’école) acceptable ?

Nous avons utilisé, de façon informelle, les dimensions de qualification de Lilian Katz que nous avons pu confirmer[16] :

  1. Est-ce que je me sens le bien-venu ou bien enfermé ?
  2. Est-ce que je me sens concerné ou bien suis-je qu’un numéro ?
  3. Est-ce que je me sens accepté (normalement) et plutôt compris ou bien ignoré et grondé par les adultes ?
  4. Est-ce que les adultes me parlent avec sérieux et respect ou bien de façon condescendante ?
  5. Est-ce que je me sens accepté ou bien rejeté par mes camarades ?
  6. Est-ce que la plupart des activités sont intéressantes ou bien indifférentes ou ennuyeuses ?
  7. Est-ce que je ressens la plupart des activités comme ayant un sens pour moi ou bien comme mécaniques ou banales ?
  8. Est-ce que la plupart des activités sont non seulement rigolos, curieuses et amusantes, mais aussi engageantes et captivantes
  9. Est-ce que je suis – en général – content d’être ici ou bien plutôt empressé de partir ?

4. Une vie acceptable – selon les parents

La plupart des parents qui s’adressent à nos services nous disent désirer des enfants obéissants, « pour le bien-être des enfants»[17].

5. Une vie acceptable – selon les enseignants

Les enseignants sont presque toujours convaincus que les enfants peuvent si seulement ils veulent. Un procès d’intention donne lieu à des résultats négatifs ou bien donne lieu à un jugement négatif que l’élève veut bien mais n’est pas capable. Rarement, les enseignants se mettent en cause eux-mêmes. Les rares exceptions sont précieuses et permettent à leurs élèves d’évoluer.

6. Une vie acceptable – selon les enfants

Une simple citation des propos d’un enfant de six ans illustre la réalité :

« Quand les adultes nous disaient quelque chose que nous les enfants voulaient aussi, nous avions le droit de le décider ! »

AJPC entre 1970 et 2004

D’énormes changements se sont produits dans les sociétés occidentales entre 1970 et 2000. Ces changements se reflètent dans les préoccupations des enfants et adolescents : les années 68 avec la libération sexuelle (due en grande partie à la pilule anticonceptionnelle !), les tendres essais à un débat de l’éducation antiautoritaire et les idées des chances égales pour tous les enfants à travers l’instruction scolaire précoce permettent aux enfants et aux adolescents de se libérer un peu des schémas traditionnels. Le mur entre les deux blocs, le monde communiste et le monde capitaliste, s’effondre et nous assistons dans les années 1990 à 2000 à la primauté du profit économique en tant que valeur fondamentale avec la production de masse et l’accès à la consommation des populations.

Au début de mon activité dans les années 70, les questions qui préoccupaient les enfants et les adolescents portaient en grande partie sur la sexualité, l’amour et les relations générales entre garçons et filles, un peu plus tard, la drogue, le sida préoccupent les enfants et les jeunes. Actuellement, je constate que l’école est au centre des préoccupations des jeunes, qui souffrent de la pression de réussir de la part de leurs familles et de l’école. Les adolescents sont partagés, une partie baisse les bras, une autre veut réussir avec un minimum d’effort et le dernier tiers souhaite profiter le maximum dans l’immédiat. Des nouveaux troubles psychologiques comme le déficit d’attention, l’hyperactivité et les troubles d’alimentation s’ajoutent aux anciens, l’exclusion et le découragement.

Etude HBSC[18] et activité de la ligne Help-o-Phon[19]e de janvier 1997 à juin 1998

L’objectif de cette étude est de mieux connaître et comprendre les comportements sanitaires, les styles de vie et les contextes dans lesquels évoluent les adolescents scolarisés. La ligne téléphonique Help-o-Phone a été instituée dans l’optique de prévenir des maltraitances. La ligne est anonyme, la confidentialité assurée, les répondants sont formés à l’écoute active. Ils conseillent et dirigent les appelants vers des prestataires d’aide sociale ou de soins spécialisés dans l’aide à l’enfance. Entre janvier 1997 à juin 1998, l’équipe de l’AJPC a reçu et répondu à 3508 appels pour la ligne Help-O-Phone. 1423 appels sont répertoriés comme appels « Conseils/renseignements ». 69 % des appelants (n=1116) sont du sexe féminin, 31 % du sexe masculin. L’âge médian est de 15 ans. 3 % des appels proviennent d’enfants de 5 à 9 ans, 67 % des appels des 10 à 16 ans, 30 % de plus de 17 ans (n=858). Les types de problèmes évoqués sont couple/amour (263), problèmes de famille (238), violence (205), problèmes avec soi (190), école/formation (87), Groupe/amitié/camaraderie (81), Condition de vie/milieu social (64), Dépendance (35).

Les auteurs de l’étude évoquent que la plupart des appels concernent les problématiques de solitude, apparence physique, rapport au corps, confiance en soi, problèmes de famille (conflit avec les parents, divorce, fugue) et sexualité, grossesse, dispute et infidélité dans le couple. Un nombre important d’appels se rapporte à une problématique de violence et les problèmes concernant l’école, les groupes de pairs, la condition de vie. Les dépendances sont évoquées, mais moins souvent. Par rapport aux appels qui concernent la rubrique « violence », les auteurs évoquent que 32 % des appels concernent la violence dans la famille, 29 % la violence sexuelle, 20 % la maltraitance physique, 10 % la maltraitance psychique et 11 % la violence entre jeunes.[20]

Un aperçu des questions posées à l’Antenne de l’AJPC du 1er janvier 2000 jusqu’au 31 décembre 2003 provenant de 5990 appels téléphoniques, lettres, E-mail et sms des enfants et adolescents (et leurs parents) en Valais[21]

Activité de l’AJPC en Valais :

Nos services de consultation (permanence téléphonique et boîte aux lettres) ont réceptionnés

3511 appels et 2479 lettres entre début 2000 et fin 2003.

Rapport annuel 2000 : 845 appels téléphoniques Valais

704 lettres, E-Mail et sms Valais (2114 Romandie)

Rapport annuel 2001 : 932 appels téléphoniques Valais

653 lettres, E-Mail et sms Valais (1959 Romandie)

Rapport annuel 2002 : 801 appels téléphoniques

820 lettres, E-Mail et sms Valais (2480 Romandie)

Rapport annuel 2003 :  933 appels téléphoniques

302 lettres, E-Mails et sms Valais (900 Romandie)

 

Les équipes pour la plupart travaillant en bénévolat n’ont pas le temps de traiter les donnés de façon formelle. Parfois elles procèdent à des sondages quand une demande de l’extérieur parvient au Service et quand les ressources personnelles le permettent. Les ressources personnelles de l’Association ne permettent pas un traitement des données statistiques très poussé. Il est bien évident qu’une recherche plus poussée avec une sérieuse analyse de contenu aurait abouti à un résultat plus conclusif. J’ai choisi deux sondages que nous avons entrepris par l’intérêt des sujets – le suicide et l’école – et par rapport aux années – 1992 et 2000 – dans lesquelles nous les avons effectués. Entre les années 1980 à 2002, l’AJPC reçoit environ 3 mille lettres par an des enfants et des jeunes de toute la Suisse. En 1992, un tiers de ces lettres proviennent de la Suisse romande.

Sondage 1992 – thème « suicide »

En 1992, l’équipe de l’AJPC s’est intéressé au thème du « mal-être » chez les enfants et les adolescents et a procédé à un sondage thématique des lettres en français. De ces 800 lettres environ, l’équipe a repéré les lettres provenant du Valais francophone. L’équipe a repéré 30 lettres parlant du « mal-être ». Ce choix de lettre ne représente qu’un aperçu ponctuel. Le choix a été fait de façon informelle en feuilletant trois (« A », « S » et « O et P ») des 11 Classeurs de A à Z de cette année, survolant les lettres et en s’arrêtant sur les expressions « suicide », « mal-être », « mal de vivre », « penser de ne plus vouloir vivre », etc.

Par la suite, l’équipe a transcrit une partie des lettres, souvent qu’une partie des lettres concernant le sujet du sondage, en utilisant des prénoms fictifs. Dans le souci de ne pas trop étoffer le texte, elle a mis de côté la plupart des formules d’introduction et de fin de lettre, les remerciements, les supplications d’aide et de compréhension, les excuses pour l’orthographe et l’écriture et des détails trop privés concernant la famille et la vie de l’adolescent.[22].

Quatorze lettres viennent des garçons et 16 des filles. Les adolescents ont entre 10 et 18 ans. Ce dossier contient 30 lettres qui parlent du mal-être des jeunes face à la vie et leur situation de vie, pour la plupart venant du sentiment des jeunes de se sentir mal compris, mal accepté et en échec dans la vie avec les copains ou bien à l’école. Nous citons Roger, 10 ans, qui parle de se tirer une balle dans la tête parce que « tout ce que je fais est faux ! », et de Patrick, 14 ans, qui parle du stress à l’école et sa peur d’échouer : « Quand je suis seul le soir dans mon lit, je pense à tout ce que je pourrais faire si j’échoue. Et je vous avoue que je pense souvent à me suicider ou de fuguer. »

Sondage 2000 – thème « Enseignants, école, écolier »

A partir de l’année 2000 et surtout après 2002, le nombre de lettres s’adressant à la « Boîte aux lettres » de l’AJPC diminue sensiblement pendant que le nombre d’appels téléphoniques augmente. En 2000, un groupe d’étudiants de l’Ecole normale haut-valaisanne demande à l’équipe de l’AJPC de faire un sondage des lettres haut-valaisannes parlant de l’école. L’équipe choisit – comme en 1992 – trois classeurs, (« M », « S » et « E ») des 9 classeurs de cette année, survolant les lettres en langue allemande provenant du Haut-Valais en s’arrêtant sur les expressions « Enseignant », « Ecole », « Ecolier », « Notes », « Echec scolaire ». L’équipe repère 44 lettres.[23]

Les 44 correspondants sont âgés entre 12 et 17 ½ ans, 19 lettres parviennent des garçons, 25 des filles.

Les lettres parlent souvent des enseignants injustes qui humilient les élèves, des clans dans les classes, de la réaction des parents lors d’un rendement insuffisant, la difficulté de se concentrer, le désengagement par rapport aux sujets traités, etc. Chaque lettre décrit une vision personnelle face aux difficultés. Mais ce qui frappe surtout, est le manque de possibilité d’aide ou plus précisément, le manque de conscience des possibilités d’aide chez le jeune. Les correspondants se décrivent comme victimes face à des situations et des personnes incapables de faire quoi que ce soit pour y remédier, par exemple aider un camarade qui est exclu, parler à un enseignant qui humilie. Les correspondants prennent le poids du problème sur eux, ils deviennent malades, dépressifs, se sentent désespérés, mais personne ou presque personne se sent en droit de s’adresser à une instance supérieure ou neutre pour dénoncer une injustice.

Pour prendre les catégories de Katz, aucune n’est remplie, car les enfants et les adolescents ne ressentent pas du tout que l’école les prend au sérieux, que les élèves se sentent engagés, concernés ou vraiment intéressés.

Discussion du cadre de notre travail de consultation par lettre ou appels téléphonique

Qui s’adresse à notre permanence et à notre boîte aux lettres ? Quand les appels ou les lettres donnent lieu à des échanges avec plusieurs entretiens ou correspondances, nous demandons systématiquement comment ils ont eu connaissance de notre numéro de téléphone ou bien de notre adresse.

Entre 1976 et 1990, la plupart des appelants disent avoir demandé l’aide d’abord à une copine ou un copain qui les ont guidés vers notre service en ayant lu nos articles, livres ou en ayant eux-mêmes eu recours à nos services. A partir de la fin des années 90, les appelants ont de plus en plus souvent accès à l’Internet et disent avoir utilisé des moteurs de recherche avec des mots clés. Les médias jouent un rôle. Les copains continuent à être les premiers à qui l’on s’adresse pour trouver de l’aide.

L’hypothèse d’une orientation des questions suite à des sujets traités dans les rubriques d’aide peut être partiellement vérifiée. Le nombre de lettres ou d’appels n’augmente pas mais les questions concernant les sujets traités dans les différents rubriques sont plus fréquentes. Les grandes questions traitées dans la presse jouent un rôle, surtout quand elles font appel à des sujets qui touchent les grandes masses. Néanmoins, la fréquence de certaines questions « standards » reste stable : la plupart des appelants et correspondants souffrent de problèmes avec eux-mêmes, le manque d’estime de soi est le sujet le plus soulevé, le deuxième est la relation avec les camarades (point 2 sur la Hit-liste), puis viennent les problèmes avec les parents (point 3 sur la Hit-liste) , les enseignants (point 4 sur la hitliste). Les questions autour de l’amour sont fréquentes, mais changent dans leur qualité. La fréquence des questions par rapport à l’information sexuelle (peur d’une grossesse, questions techniques, pilule, SIDA) diminue, la fréquence des questions par rapport à la relation entre fille et garçon reste stable.

La Hit-liste des sujets soulevés dans les lettres et appels des enfants et adolescents du Valais

Dans les lettres et appels des enfants, adolescents et jeunes adultes de 7 à 25 ans, une toute autre image que celle présentée par les adultes dans les médias émerge : Le petit prince semble un phantasme de l’adulte, en réalité l’enfant, l’adolescent et le jeune adulte se sentent découragés, mal compris et mal-jugés, ils se sentent harcelés par les exigences des adultes autour d’eux.

  1. Problème avec soi-même (manque d’estime de soi, se sentir nul, comparaison défavorable avec les autres)
  2. Etre accepté ou bien rejeté par les camarades (amitié, exclusion)
  3. Etre pris au sérieux par les parents (se sentir traité comme un bébé, Sorties
  4. Etre rejeté par les enseignants (Ecole
  5. Peur de l’échec à l’école (peur de la punition)
  6. Etre injustement traité par les adultes (se sentir incompris et mal jugé)
  7. Amour, sexualité
  8. Ne plus avoir envie de vivre (souvent exprimé par rapport à un mal-être plus général, Sens de la vie (peur de l’avenir), suicide d’un camarade, tentative de suicide, Deuil, Drogues)
  9. Stress (Nervosité plutôt hyperactivité), Découragement général et spécifique (ne pas croire à ses capacité de réussir, à quoi bon tout cela ? Vivre aujourd’hui et profiter de la vie 😉
  10. Santé (Trouble d’alimentation, scarification)
  11. Trouble de concentration et d’attention
  12. Violence (maltraitance, abus, peur d’être enlevé, peur d’un viol, peur d’un crime)
  13. Séparation des parents (problème d’ajustement, deuil d’un des parents, problème de loyauté)

Commentaires

Les problèmes les plus souvent évoqués dans les lettres (de la part des filles) est le problème avec soi, surtout le manque de confiance en soi et le manque d’estime de soi. Par ailleurs, ce problème les conduit le plus souvent à consulter un psychologue. Comme la recherche citée de Ladd, nous confirmons que le fait de savoir se faire des amis, est le facteur le plus important de prévention. Un adolescent qui a un ami, peut parler de ses problèmes, peut se confier, peut exprimer ses émotions par rapport à des parents ou enseignants qui ne le comprennent pas, selon sa perception. C’est banal, mais parler à quelqu’un est primordial pendant les années de l’adolescence. Les troubles de l’alimentation touchent beaucoup de jeunes, surtout les filles. Ils s’appellent Anorexie, Boulimie, Obsession avec son corps, sa beauté, son poids, etc. Pourquoi ce sont les filles les plus touchées. La réponse est dans le contexte. Les questions de la beauté physique sont plus importantes pour les filles que pour les garçons dans notre culture, mais de plus en plus de garçons se sentent préoccupé par ce sujet. L’Amour : La toute grande et importante question éternelle de la vie humaine – il y faut ajouter les questions par rapport à la sexualité, plus précisément les émotions autour de la sexualité. Les jeunes semblent plutôt bien informés au sujet de la sexualité, le problème plus difficile est de gérer ses émotions dans ce domaine. Le sentiment d’infériorité peut perturber la relation et être la cause de conflits non identifiés. Actuellement, beaucoup d’enfants parlent de leur problèmes de concentration. Un bon nombre d’enfants prennent des médicaments pour soigner ce trouble. Le deuil en général est souvent évoqué (de l’enfance, de l’insouciance, de l’innocence, d’un copain, d’un petit ami, et la séparation des parents) et qui constitue parfois un processus douloureux. Comme dans la recherche HBSC, l’équipe de l’AJPC est souvent confrontée à des questions autour de la violence et d’auto-violence : Un grand problème de notre culture qui connaît env. 30 à 40 guerres en cours actuellement. Dans l’adolescence, phase critique du développement de l’humain, la recherche d’un sens de la vie est un questionnement important qui – dans un monde en perte de repères – peut pousser un jeune à bout de ses forces. Le Stress à l’école, devant les examens, dans la vie en général constitue une plainte de l’être humain moderne dans sa recherche du plaisir immédiat, du succès, de la consommation.

En guise de conclusion…un portrait

L’histoire de ce portrait a pour source les récits de vie de centaines d’enfants et d’adolescents (ou de jeunes adultes). Ce n’est donc pas un portrait individuel, mais un portrait de la jeune génération au seuil du troisième millénaire. Par ce qu’on appelle les circonstances de la vie, leur chemin a croisé le mien. Nous nous sommes promenés ensemble un instant pour nous quitter ensuite et poursuivre notre route séparément.

Les enfants souffrent souvent de l’école et de la division effectuée tôt dans leur vie par la sélection. Les mauvaises notes fournissent la «preuve manifeste» d’un échec. La performance insuffisante, qui met éventuellement en cause la promotion, devient chose publique. L’enfant et ses parents reçoivent un certificat «officiel» de sa capacité à remplir ou non les normes générales. Ces portraits montrent la difficulté des enfants en échec, les conditions socio-économiques et les attitudes éducatives qui en sont les causes.

Les adolescents parlent de l’exclusion, de l’isolement, de leurs éducateurs incompréhensifs, de l’intolérance et de la schizophrénie morale. Ils se sentent déresponsabilisés, contrôlés et dépourvus de moyens d’intervenir. Ils ont peur de l’attitude des adultes. Ils ont surtout peur de leur interventionnisme. Ces portraits laissent découvrir le désarroi des jeunes dans un monde qui prône les valeurs telles que l’argent, la réussite professionnelle, la concurrence et l’individualisme extrême.

Benjamin – le bon à rien

A 15 ans, Benjamin est dégoûté par les adultes. Il n’en espère rien de bien. Il s’en sert quand il a besoin, mais sa vie est ailleurs, avec des grands gaillards dans les bistros ou dans les salles de jeux. C’est là, la vie, la grande vie pour lui. Il va à l’école parce qu’il le faut. Il vient de quitter la générale pour la section pratique, la plus basse du système scolaire de son canton. Il est en huitième. Il n’aime pas tellement l’école, mais aller travailler c’est encore plus ennuyeux. Son but dans la vie est de gagner beaucoup d’argent sans travailler.

Les parents de Benjamin viennent de divorcer. Pendant que les deux aînés restent avec leur père, le cadet part avec la mère. Ce choix a été accepté par tous. Benjamin regrette la belle maison familiale et ses copains du village, mais puisqu’il vient de rater son année en générale, il est content de pouvoir partir et commencer la pratique ailleurs. Chaque deuxième week-end du mois, il ira chez son père avec ses deux frères. Benjamin pensait que ce serait chouette de ne vivre qu’avec sa mère. Elle allait le gâter comme jamais avant et lui donner l’argent qu’il lui fallait ; elle n’était pas si avare que son père. De plus, il pourrait demander encore une fois son argent de poche les week-ends chez son père. Il savait par ses copains que les parents divorcés n’avaient plus de contrôle et que autant le père que la mère s’efforçaient d’être plus indulgents afin de rivaliser avec l’autre et tirer les enfants de son côté. De ce fait, Benjamin n’était pas du tout contrarié par le divorce de ses parents. Quelle belle vie s’ouvrait à lui !

C’est son père qui se fait du souci pour lui qui m’en parle. Benjamin boit des bières chaque jour, il vole de l’argent et joue aux jeux américains dans les bistros. Il n’a que 15 ans, mais il est très grand et développé pour son âge. C’est presque un homme par son physique, mais encore un gamin par son psychisme. Les deux frères aînés secondent leurs parents dans l’éducation de leur cadet. Aucun repas ne se déroule sans l’éducation concertée de Benjamin : « Tiens-toi comme il faut ! » – « Ne sais-tu pas manger comme il faut ! » – « As-tu besoin de faire tant de bruit quand tu manges ? » – « Dis pas des bêtises ! »

Benjamin a l’habitude. Il rigole, raconte des blagues et se comporte comme un petit garçon irresponsable. Les parents et ses deux frères ne peuvent s’empêcher d’en sourire. Benjamin est habile. Il fait la sourde oreille et n’entend rien jusqu’à la dernière minute quand le père menace de vraiment le punir. Mais il est trop tard, le père lui octroie une tâche à faire en guise de punition. En surface, Benjamin acquiesce avec charme pour gentiment filer une heure plus tard sans rien avoir accompli. Parfois il commence le travail, mais après cinq minutes il en a assez et cherche à partir sans qu’on ne l’aperçoive. En général et à l’agacement de son entourage, il réussit sa fuite.

[1] Erik Sigsgaard « Havd er et godt seks aars liv ? », Kroghs Forlag a/S, DK-7100 Vejle, 1993.

[2] Erik Sigsgaard « Skäldud », Hans Reitzels Forlag, Köbenhavn 2002.

[3] Erik Sigsgaard, Kim Rasmussen & Sören Smidt « Gränser eller ej ? », tome I, II, III, Hans Reitzels Forlag, Köbenhavn 1998.

[4] Gerald Hüther und Helmut Bonney : « Neues vom Zappelphilipp ». Walter Verlag, Düsseldorf, 160 pages, 14.90 Euro

[5] La psychologie du changement est née en Afrique dans la collaboration entre les AJPC et ENDA Graf, Dakar Sénégal entre 1980 et 2002. ENDA : Environnement Développement Afrique ; GRAF : Groupe Recherche Action Formation. AJPC : Association Jeunesse Parents Conseils – Formation – Médiation – Prévention –Consultation, CF : ENDA : « Réinventer le présent », ENDA GRAF, 1994

[6] Dans le dictionnaire, la méthode de la déduction est décrite ainsi : Méthode de raisonnement par laquelle on infère d’un principe ou d’une hypothèse toutes les conséquences qui en découlent. Il s’agit donc d’un raisonnement rigoureux.

[7] La méthode de l’induction est décrite ainsi : Méthode de raisonner consistant à inférer une chose d’une autre, à aller des effets à la cause, des faits particuliers aux lois qui les régissent.

[8] Quand je parle de l’observation  comme méthode scientifique, je veux dire observer dans un but scientifique, c’est-à-dire étudier avec attention.

[9] Depuis 1979, j’ai reçu dans le cadre de mes rubriques d’aide dans différents revues et magazines s’adressant aux jeunes, environ 100 000 lettres et de très nombreux enfants et adolescents se sont adressés à sa permanence téléphonique. Ce travail a été analysé dans différents travaux de recherche. Mon estimation du pourcentage de lettre venant du Valais se base sur les statistiques que les associations AJPC Valais et Vaud fournissent pour leurs Rapports annuels. Le rapport annuel 2000, 2001 2002 et 2003 de l’Institut Lilly E. Schorr pour l’éducation non-violente qui gère les AJPC au niveau administratif fait l’inventaire de 750 lettres et 700 E-mails venant des enfants et adolescents et jeunes adultes de toute la Romandie. En 2003, les chiffres sont presque identiques, 960 lettres, 880 E-Mails et s’ajoutent les 637 SMS. Jusqu’en l’an 2002, des statistiques précises ont été élaborées pour définir la provenance exacte, le sexe, l’âge et le problème de l’utilisateur. Le fait que l’AJPC gère une permanence à Sion et à Lausanne influence la provenance des demandes, notre estimation fondée : env. 25 % de demandes viennent du Valais (Haut Valais y compris), env. 30 du Canton de Vaud, env. 30 % des autres Cantons romandes et env. 15 % de la Suisse alémanique.

[10] Osborn A. & Milbank J. +The Effects of Early Education. A report from the Child Health and Education Study. Oxford, Clarendon Press, 1987.

[11] Hirsch-Pasek K. & Cone J. “Hurrying Children: How does ist Effect Their Academic, Social, Creative and Emotional Development?”, Kansas City, 1989.

[12] Gordon B. “Cultural Comparison of Schooling”, IN: Educational Researcher, 1987, 16.6.

[13] Ladd Gary W. “Having Friends. Keeping Friends. Making Friends, and Being Liked by Peers in the Classroom: Predictors of Children’s Early School Ajustement”, IN:Child Development, 61, 1081-1100, 1990

[14] Sauf au Tessin qui a introduite la scolarisation précoce à la fin due 19ème siècle.

[15] Selon Erik Sigsgaard « Hvad er et godt seks aar liv ? », p. 17

[16] Katz Lilian « Perspectives on the Quality of Early Childhood Programs », CIDREE-Conference, Worcester, August 1992.

[17] Le Rapport du groupe de travail Enfance maltraité obtient la même réponse de la part des parents et en fait part dans « Enfance maltraitée en Suisse », Département fédéral de l’intérieur, Berne, juin 1992.

[18] HBSC – Health Behaviour in School-Aged Children –enquête internationale quadriennale, réalisée par l’ISPA (Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies) sous l’égide de l’OMS.

[19] La permanence téléphonique de l’association Help-o-Phone est gérée entre 1996 et 2000 par l’AJPC. Par la suite, cette ligne devient le 147, actuellement gérée par la Fondation XX en Valais romande et le Chablais.

[20] Arnaud Chioléro, Béatrice Janin Jacquat, Etude HBSC et activité de la ligne Help-o-Phone de janvier 1997 à juin 1998, Rapport du service de recherche, ISPA, décembre 1998, Lausanne.

[21] Le travail de l’AJPC a été l’objet d’une „Recherche sur le travail de la consultation psychologique par correspondance“ – „Die Adoleszenz als kritische Lebensphase“, Eine Inhaltsanalyse von Briefen Jugendlicher an die Zeitschrift „Jugend-Woche““. Seminararbeit von: Peter Lothenbach, Martina Merki-Koepp, Yvonne Raschle, Cas Sonnenberg, Regula Strasser, unter Leitung von Dr. W. Herzog. Pädagogisches Institut der Univeristät Zürich, Fachbereich Pädagogische Psychologie: Prof. Dr. Konrad Widmer, Fachbereich Sozialpädagogie: Prof. Dr. Heinrich Tuggener.

 

[22] Suicide – Sondage – Lettres d’enfants et d’adolescents (Valais francophone) à la « Boîte aux lettres » de l’AJPC, 1992, polycopier.

[23] Stichprobe « Schule » Briefe Kinder und Jugendlicher (Oberwallis) an den Beratungsbriefkasten des VJEB, 2000, unveröffentlichte Kopie.